Faire le procès de l'évasion fiscale - déplacement à Dax le 9 janvier 2017

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De l’espoir ! J’étais lundi 9 janvier à Dax en soutien à Jon Palais du mouvement des « faucheurs de chaises ». Il passait devant la justice, accusé de « vol en réunion » alors qu’il a simplement dénoncé comme d’autres, comme moi, à travers une mobilisation imagée, le scandale de l’évasion fiscale en bande organisée !

 

De l’espoir, oui ! Car nous étions nombreux. 2000 personnes s’étaient rassemblées devant le tribunal de Dax pour soutenir Jon Palais et pour que son procès devienne celui de l’évasion fiscale.

A la veille de la COP21, nous avions lancé un appel pour dénoncer notamment les 171 filiales de la BNP Paribas dans les paradis fiscaux. Alors que les finances publiques se dégradent, les responsables politiques en place laissent les banques détourner des sommes colossales qui échappent à l’impôt. Cela a bien assez duré ! Nous avions appelé à réquisitionner de manière symbolique 196 chaises, comme les 196 pays réunis au sommet de Paris. Cette action s’était menée à visage découvert, dans l’esprit de l’action non-violente et de la désobéissance civile, ce que le tribunal a d’ailleurs reconnu lundi. J’avais par ailleurs moi-même été arrêté à Lyon dans le cadre de cette action, sans que des poursuites soient engagées. C’était donc une évidence pour moi de me rendre à Dax pour soutenir Jon Palais, qui devrait plutôt être félicité pour avoir rempli son devoir de vigie citoyenne.

 

Encore une fois, sur ce sujet, la société civile est indéniablement en avance sur les pouvoirs publics. Ce sont les associations, les lanceurs d’alerte et les médias qui alertent sur le sujet et qui ont permis cette semaine de transformer le procès des « faucheurs de chaises » en procès de l’évasion fiscale.

Nos ministres ferment les yeux depuis trop longtemps. Ils se rendent coupables de complicité à l’égard des milliards d’euros détournés par les banques dans les paradis fiscaux. De Lagarde à Sapin, il ne suffit plus de se cacher derrière des discours volontaristes, il faut des actes ! Ne pas lutter contre l’évasion fiscale organisée par les banques, c’est être complice de leur impunité, et du détournement de nos impôts. D’autant plus quand le manque de recettes sert à justifier des politiques d’austérité. Cette inaction est en effet en partie responsable de l’augmentation de nos impôts, de la baisse de financements de nos services publics et de l’augmentation de la dette que nous transférons à nos enfants.

 

De l’espoir donc ! Comme le clamait Eva Joly « une vague citoyenne se lève » contre l’évasion fiscale organisée par les banques. Maintenant, pour que les actes remplacent les paroles, il est indispensable de changer de représentants politiques, qui ont fait montre à de nombreuses reprises de leur incompétence, absence de volonté, voire collusion avec les pouvoirs financiers. Et c’est pour cela qu’en juin, je vous propose que nous lancions ensemble l’indispensable réquisition citoyenne de l’Assemblée nationale.


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