L’agriculture bio et locale, un projet pour changer de vie

Pour le lancement du premier café citoyen, j’ai invité un ami de longue date, Florent Sebban, que j’avais eu la chance de rencontrer à l’époque où nous travaillons pour l’association Coordination Sud. Un jour, il a décidé de changer de vie et de s'installer en agriculture bio avec sa compagne Sylvie. Créée en 2011, leur AMAP (association pour le maintien de l’agriculture paysanne) nourrit aujourd'hui plus d’une famille sur dix à Pussay dans l'Essonne (91) et Florent est administrateur du réseau AMAP Ile-de-France.

LE CONSTAT

Alors qu’en France, on déplore toujours plus de suicides parmi les agriculteurs exploitants de l’agriculture conventionnelle, à raison d’un tous les trois jours, Florent se dit lui heureux. Son quotidien est organisé entre les champs, ses clients et son réseau où tout est partagé, même les outils. Les nouveaux modèles d’agriculture, axés sur le bio et le local permettent à ceux qui convertissent leur exploitation de dépenser moins et d’être rapidement indépendant en évitant donc de tomber dans le piège des crédits.  

Alors que de nombreux entrepreneurs galèrent des années avant de pouvoir se verser un vrai salaire, Florent et Sylvie ont réussi le pari de se payer chacun après seulement deux ans ! Cette réussite n’est possible que parce qu’ils ont décidé de travailler avec des AMAP. Contrairement aux circuits traditionnels, ce réseau est résilient et assure une implantation durable des agriculteurs.

 

CAP A PRENDRE

Il est temps de s’affranchir du culte du productivisme. Les agriculteurs doivent être fiers de nourrir et connaître leurs voisins au lieu de viser la quantité et exporter dans le monde entier. “Le modèle que nous défendons, c’est une agriculture citoyenne parce que dans la chaîne chacun est acteur du modèle économique”, souligne Florent. Ce système permet à tous de s’engager : les parents d’élèves avec les cantines bio, les restaurateurs, les distributeurs, etc...

De la même façon, la politique agricole doit être remise en question, car il n’est plus question qu’un petit nombre de personnes décident de ce qui sera dans nos assiettes. Qu’il s’agisse de l’alimentation ou de la santé liée à l’agriculture (comme la question des épandages aériens et des pesticides), il faut lever le verrou démocratique et mettre un terme à la collusion entre les décideurs publics et les lobbys. Nous devons remplacer les politiques court-termistes par une structure équitable et durable du monde agricole.

 

ACTIONS IMMEDIATES

A- Changer les mentalités

Soutenir les nouveaux agriculteurs, c’est déjà possible grâce aux réseaux comme l’association Les champs des possibles ou encore Fermes d'avenir, initié par Maxime de Rostolan qui s’investissent pour démontrer que le système de bio est plus efficace que l’agriculture conventionnelle.  

Il faut accentuer l’éveil agricole et atteindre une réelle prise de conscience pour s’affranchir des modèles traditionnels enseignés dans les formations professionnalisantes.

 

B- Garantir l’accès aux terres pour les nouveaux maraîchers

“Aujourd’hui, il y a une quarantaine d’AMAP en Ile-de-France qui attendent des maraîchers bio !”, rappelle Florent. Autrement dit, ce ne sont pas les clients qui manquent mais les agriculteurs et les partenaires économiques. Pour régler le problème de l’accès aux terres et il faut mettre en adéquation les projets des nouveaux agriculteurs et les terres disponibles.

 

C- Soutenir le travail des structures d’accompagnement

Aujourd’hui ces structures de formation et d’accompagnement existent, mais elles manquent de moyens. Dans certaines régions, les plans quinquennaux qui assurent le financement des missions d’accompagnement ont été entièrement consommé en 18 mois seulement ! Et alors que les fonds sont manifestement insuffisants pour répondre à la demande, en Ile-de-France, la majorité de droite veut encore les réduire !

 

Dès maintenant :

Pour aider le réseau des AMAP Ile-de-France, signez la pétition et apportez votre soutien à l'agriculture biologique, paysanne et citoyenne pour que la région s'engage à hauteur des enjeux actuels et mette un terme aux coupes budgétaires qui ralentissent une transition agricole respectueuse des Hommes, de l'environnement et de l'emploi.

Tous les renseignements sont disponibles sur internet ! Suivez les liens pour trouver une Ruche qui dit oui ! près de chez vous ou une AMAP du réseau Ile-de-France.

 

Pour en savoir plus sur Florent Sebban et Sylvie Guillot, retrouvez l’article du magazine Reporterre  "Ils ont changé de vie, cultivent les légumes et nourrissent leurs voisins"



A l’assemblée :

 

Voici ce que je défendrai à l’Assemblée

  • augmentation de la part du bio dans la restauration pour offrir un débouché

  • aide aux structures d’accompagnement

  • interdiction des pesticides et travail de R&D pour développer les alternatives

  • étiquetage nutritionnel renforcé pour lutter contre malbouffe et obésité

 

→ Un nouveau pacte entre agriculture et société :

 

- Interdiction immédiate d'une liste de phytosanitaires (néonicotinoïdes,...) et mise en place d'un plan de conversion des agriculteurs sur 5 ans avec objectifs annualisés.

- Interdiction des nanoparticules dans les produits alimentaires courants

- Un plan massif de conversion de l'agriculture industrielle vers le bio :

Soutien à l'installation pour les agriculteurs bio (prêts sans intérêt, crédits d'impôt, favoriser différentes formes d’appropriations collectives du foncier pour un usage agricole sans propriété)

Inciter les collectivités à atteindre 20 % de leur surface agricole en bio, par acquisitions foncières publiques ou associatives, baux environnementaux ou « gel » des surfaces déjà en bio.

 

- Une politique de promotion de l’agroécologie :

Fléchage des aides publiques à l’investissement vers les projets agricoles vertueux

Réforme des programmes d’enseignement agricole, sensibilisation/formation à l'agroécologie

Plan de conversion vers 100% de produits bio et locaux dans les cantines et la restauration collective


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